EDITO du 27 septembre 2006
Effervescences
Imperceptiblement, les premiers murmures s'échappent du silence. Un manoir en sommeil, certain des promesses à venir, s'anime doucement. Aujourd'hui est un jour particulier, un jour où les sourires naissent avant -même que les yeux ne s'ouvrent, un jour où les rêves s'évanouissent dans les bras de la réalité. Le manoir est si lumineux ce matin, que même le plus exigu des recoins parait empreint d'éclat, les courants d'air des couloirs et coursives le parfument de fraîcheur et de grâce. Dehors, la nature a des allures de printemps imbibé d'automne. Les oiseaux désorientés, ont interrompu leur voyage pour entonner de nouveau leurs ritournelles prénuptiales, les gouttes de pluie et les rivières ont décidé d'accorder leurs musiques en une symphonie de doux cliquetis. Un à un, sourire aux lèvres, les habitants du manoir se dirigent vers la grande galerie, celle où tous se réunissent quand l'évènement l'impose. Ils savent tous que ce jour leur réserve un infini bien-être. Les regards se croisent, initiés et complices, puis l'un d'entre eux ose rompre le silence timidement "ne serait-ce pas le grand jour ?". Dès lors, plus de réserve, plus de mesure, les discussions s'enflamment emportées par le souffle de la passion. Certains osent parler de leurs attentes, d'éventuelles évolutions et de possibles révolutions. D'autres sont dans l'expectative et le doute, même s'ils savent au fond d'eux-mêmes que tout ne peut-être qu'enchantement, par mimétisme ils pensent ressentir ce qu'Elle doit ressentir. D'autres encore s'abandonnent à lui concocter un avenir somptueux aux quatre coins de la planète. Le manoir trépigne et s'ébranle, chacun recherche la station, le programme qui va la diffuser. Invectives et jurons fusent tant la tension enfle. L'attente insoutenable d'un rendez-vous commun donne à ces instants les couleurs surréalistes de l'irrationnel! Quelques-uns craquent et se répandent en ces rires nerveux que l'on partage parfois juste avant les moments essentiels! L'atmosphère s'électrise de notre impatience, le manoir est en ébullition, le manoir brûle d'envie ... Puis soudain, une voix s'élève, brise le brouhaha,....et de nouveau l'évidence ! Chimène est là ! Tout va tellement bien quand tout est "Tellement beau".
 

LOOVIN © chezchimene.com