| EDITO du 27 décembre 2007 |
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| Et si nous étions Chimène ? |
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Oh que cela pourrait être grisant d'être dans la peau de Chimène,
rien que pour une semaine à peine, s'imaginer tout en haut de
l'affiche, adulé et riche, être couvert de gloire et voir se
dérouler tant de tapis rouges et de se voir offrir tant de bouquets
de fleurs. Quel plaisir intense et unique cela devrait être de se
faire applaudir à tout rompre, de réussir à se faire lever tout un
public hypnotisé ou conquis! Combien cela devrait être valorisant de
croiser ou fréquenter tout un monde artistique et culturel à mille
lieux de notre univers ordinaire. Oh oui, comme cette vie devrait
être magique, l'expression de toute cette envie de reconnaissance
publique qui nous habite ... Bon, il y a bien quelques contraintes
que nous penserions bien supporter. Etre toujours au meilleur de sa
forme pour chacune de nos prestations publiques, nous angoisser pour
que nos disques se vendent et que nos salles de concert se
remplissent, mais rien de plus normal, la rançon du succès en
quelque sorte et ce finalement comme n'importe quel professionnel
soucieux de son travail. Il faudrait bien aussi se plier aux
photographes, aux journalistes, incontournables vecteurs de notre
expression artistique, même si parfois nous aurions bien aimé qu'ils
nous respectent un peu plus ... Et puis, le succès venant, la
jalousie lui prenant le pas, il nous faudrait devenir de plus en
plus prudent, soupeser chaque mot qu'on aurait à dire, garder son
sang froid en permanence. Il nous faudrait aussi anticiper nos faits
et gestes pour ne pas donner en pâture aux nécrophages en mal d'info
et mal d'image, des bouts de phrases à déballer, des grains de
beautés inédits, des trébuchements intempestifs. Nous n'aurions plus
le droit à l'erreur, alors que bien auparavant personne ne se
souciait de nous, de la couleur de nos chaussettes ou de nos fautes
d'accord à l'imparfait du subjonctif. Serions-nous alors d'accord
pour nous méfier de toute personne attirante, susceptible à tout
instant de virer de bord et de trahir, pour une vexation ou
simplement pour exister, et puis serions-nous prêts à exposer malgré
nous notre famille aux tourbillons de notre propre vie, et à
culpabiliser alors sans cesse. |
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LOOVIN © chezchimene.com |